Blog · La rédaction PropFirm TP · 16 août 2026
Les 24 silences : ce que les propfirms ne chiffrent pas, et où
Sur 433 lignes de frais relevées chez 13 firmes, 24 ne portent aucun montant publié. Elles ne sont pas dispersées : deux postes, trois firmes. Et le fait qui surprend, c'est que l'activation — le poste le plus tu — est déclarée gratuite sur 109 des 121 lignes chiffrées.
24 trous dans 433 lignes
Le relevé du 16 août 2026 couvre 13 firmes, 144 comptes et 433 lignes de frais. Sur ces 433 lignes, 24 lignes ne portent aucun montant publié par la firme, soit 3 postes au sens de ce site — un poste de frais chez une firme : le poste est nommé, il s’applique, et le prix n’est écrit nulle part.
24 sur 433, c’est peu, et c’est leur position qui compte. Si l’opacité était une habitude de secteur, elle serait diffuse : un peu partout, sur tous les postes, chez toutes les firmes. Elle ne l’est pas. Les 24 silences tiennent dans deux postes et trois firmes.
Deux postes, et une absence qui n’en est pas une
La répartition tient en une ligne : 14 silences sur le frais d’activation, 10 sur le flux de données. Aucun ailleurs. Le prix de l’évaluation est chiffré partout — 38 lignes au mois, 106 en paiement unique — et le reset l’est partout où il existe : 76 lignes chiffrées, de 40 à 599 $US.
Cette précision sépare deux choses qu’on confond volontiers. 68 comptes sur 144 n’ont aucune ligne de reset : ce n’est pas un montant caché, c’est un frais qui n’existe pas dans cette offre. Les 24 lignes dont il est question ici existent, elles — quelqu’un les a inscrites au catalogue sans y inscrire de prix. Une ligne absente décrit l’offre ; une ligne sans montant décrit la publication.
Le reste de la grille est lisible
Les 144 comptes portent tous un type de drawdown — 118 en fin de journée, 23 en trailing, 3 statiques — et les règles se comptent : 67 comptes sur 144 n’ont aucune règle de constance, et quand elle existe elle vaut 20, 30, 40, 45, 50 % ; 79 sur 144 n’ont aucune limite de perte journalière ; 13 firmes publient un partage des gains, aux valeurs 50, 80, 90, 95, 100 %. Ces firmes savent donc publier. Ce qui manque manque à un endroit précis, et c’est ce qui fait de la position des 24 trous une information plutôt qu’un bruit de fond.
L’activation est déclarée gratuite 109 fois sur 121
Voici le chiffre qui retourne l’intuition. Sur les 121 lignes d’activation chiffrées, qui vont de 0 à 149 $US, 109 annoncent 0. Et aucune des 13 firmes n’est dépourvue de ligne d’activation : la question est posée partout, elle reçoit 109 fois la réponse « gratuit » et 14 fois aucune réponse. Le problème n’est donc pas que l’activation coûte cher partout — c’est presque l’inverse : elle est annoncée gratuite dans la grande majorité des cas, et tue là où rien ne garantit qu’elle le soit.
Cette asymétrie fait tout le travail. Devant une case vide dans une colonne qui affiche 0 sur 109 lignes, le lecteur pressé complète de lui-même : « comme les autres, sans doute ». C’est la lecture que le blanc rend disponible, et c’est celle que rien ne soutient. Un blanc posé au milieu d’une colonne majoritairement à zéro ne se lit pas comme un blanc : il se lit comme un zéro. Le hub des frais d’activation aligne les 13 firmes sur une seule colonne, ce qui est la façon la plus simple de rendre un blanc visible.
Trois firmes portent les 24
Les silences se concentrent chez Apex Trader Funding — sa fiche —, My Funded Futures et Bulenox. Les autres firmes du relevé publient un montant pour chaque poste qu’elles annoncent.
My Funded Futures apparaît à trois entrées de ce même relevé. Elle est l’une des trois firmes concernées par les silences ; l’une des 3 firmes qui facturent l’évaluation dans les deux modèles — au mois et en paiement unique — avec trois autres maisons ; et l’une des 3 firmes dont le type de drawdown change une fois le compte financé, avec Funded Futures Network et Take Profit Trader. Aucun de ces faits n’est un défaut en soi. Ensemble, ils disent qu’aucune des trois lectures — le prix, le modèle, la règle — ne se déduit des deux autres.
Un tarif troué se lit comme un plancher
Le mécanisme est arithmétique avant d’être moral. Un total calculé sur une grille trouée n’est pas un prix : c’est une borne inférieure. Les montants manquants ne peuvent que s’y ajouter — le plus bas relevé sur l’activation est 0, jamais moins. Le total d’une firme qui publie tout est un prix ; celui d’une firme qui laisse des cases vides est un plancher.
Et les deux se ressemblent : même colonne, même devise, mêmes décimales. Un classement les met côte à côte comme s’ils répondaient à la même question, alors que l’un répond « voilà ce que ça coûte » et l’autre « voilà ce que ça coûte au minimum ».
D’où une règle de lecture qui ne demande aucune confiance : dans le calculateur, regardez d’abord si les deux postes concernés — activation et flux de données — sont chiffrés pour la formule comparée. S’ils le sont, vous comparez des prix. Sinon, vous comparez un prix à un plancher, et le plancher gagne d’autant plus facilement qu’il en dit moins.
Quatre trous qui sont les nôtres
Le relevé compte aussi 1 montants que nous n’avons pas relevés, comptés à part et absents des 24 : la réserve est la nôtre, pas celle de la firme. Additionner les deux gonflerait le décompte des firmes opaques avec nos propres lacunes — ce qui a l’avantage de flatter le comparateur et l’inconvénient d’être faux. Une firme n’est comptée opaque que sur ce qu’elle a choisi de ne pas écrire ; le reste est à notre charge, et se lit dans la méthodologie.
Ce que la donnée ne dit pas
- Elle ne dit pas combien valent les 24 montants manquants. Un silence n’est pas un prix élevé : c’est un prix inconnu, et il peut très bien valoir 0, comme 109 des 121 lignes d’activation chiffrées.
- Elle ne dit pas pourquoi ils ne sont pas publiés : le relevé enregistre une absence, pas une intention.
- Elle ne dit rien de la qualité du service ni du versement des retraits : elle décrit une grille de frais à une date, le 16 août 2026.
- Elle ne suit pas ces 24 lignes dans le temps : c’est une photographie, pas une série. Un silence comblé demain le restera ici jusqu’au relevé suivant.
- Elle ne dit pas ce que vous paierez : le total dépend du compte, du modèle de facturation et des postes qui vous concernent — c’est le rôle du calculateur, pas d’un article.
Chiffres arrêtés au 16 août 2026 et recalculés à chaque mise à jour des données. Méthodologie