Blog · La rédaction PropFirm TP · 16 août 2026
Drawdown trailing : minoritaire, et pas rassurant pour autant
Sur les 144 formules relevées chez treize firmes, 118 fonctionnent en drawdown de fin de journée, 23 en trailing intraday et 3 en statique. Le trailing est donc le moins répandu des deux mécanismes principaux — et le fait le plus utile du relevé n'est pas celui-là.

Ce que compte le relevé
Relevé du 16 août 2026 : 13 firmes, 144 formules d'évaluation. Le type de drawdown s'y répartit en 118 comptes en fin de journée (EOD), 23 en trailing intraday et 3 en statique. Le mécanisme dont tout le monde parle tient donc la deuxième place, et de loin.
La répartition par firme est plus parlante que le total. Huit firmes ne proposent que de l'EOD. Quatre mêlent EOD et trailing. Une mêle EOD et statique. Ces trois lignes couvrent les treize firmes du relevé, ce qui donne deux conséquences immédiates : aucune firme suivie ne fonctionne exclusivement en trailing, et les 23 comptes en trailing sortent tous de maisons qui proposent aussi de l'EOD.
Le trailing n'est donc pas une signature de firme, c'est un réglage de formule. On ne l'évite pas en choisissant une enseigne : on l'évite en lisant la ligne du compte précis qu'on s'apprête à acheter. C'est l'inverse de la façon dont ces produits se choisissent d'ordinaire, par nom et par promotion. Les formules concernées sont listées une à une sur la page des comptes en drawdown de fin de journée.
Les trois mécanismes, sans exemple chiffré
Les trois types répondent à la même question, et à elle seule : où se trouve le seuil de liquidation, et qu'est-ce qui le déplace. Les définitions courtes sont au lexique ; ce qui suit est le mouvement du seuil.
Fin de journée (EOD). Le seuil est recalculé une fois par séance, à partir du solde de clôture. Ce qui s'est passé pendant la séance — un plus-haut latent, une position qu'on a laissée respirer — ne laisse aucune trace : seul ce qui a été encaissé compte. Le seuil suit les gains réalisés, avec un pas par séance.
Trailing intraday. Le seuil suit le plus haut atteint en séance, plus-value latente comprise. Une position qui monte puis revient déplace le seuil vers le haut au passage, et ce déplacement n'est pas annulé quand la plus-value l'est. L'écart entre le plus-haut touché et le solde effectivement encaissé est prélevé sur la marge de manœuvre, sur un trade gagnant comme sur un trade rendu.
C'est ce point qui rend le trailing structurel plutôt qu'anecdotique. Toute méthode qui laisse courir une position construit cet écart mécaniquement : ce n'est pas une affaire de discipline, c'est la forme du calcul.
Statique. Le seuil est posé à l'ouverture et ne bouge plus. Il ne suit pas les gains vers le haut. Trois comptes du relevé sont dans ce cas, et une seule firme en propose, à côté de l'EOD.
Le statique paraît le plus confortable des trois. Il l'est au début, où rien de ce qu'on fait ne peut rogner la marge. Il l'est beaucoup moins ensuite : un compte devenu profitable garde la marge de son premier jour. EOD et trailing rendent une part des gains sous forme de marge, chacun à sa vitesse et sur une base différente ; le statique n'en rend aucune. « Le seuil ne bouge pas » est une protection dans un sens et un plafond dans l'autre.
Le fait le plus utile est le dernier
Trois firmes changent de type de drawdown une fois le compte financé, par rapport à l'évaluation : My Funded Futures, Funded Futures Network et Take Profit Trader.
C'est la ligne du relevé qui coûte le plus cher à ignorer. L'évaluation et le compte financé sont deux produits ; chez ces trois firmes, ils ne tournent pas sur le même mécanisme. La règle sur laquelle on a comparé, choisi, et éventuellement plié sa méthode, n'est donc pas celle qu'on subira ensuite. Le trader qui s'est adapté au mécanisme de l'évaluation se retrouve, au moment précis où l'argent devient réel, sous un mécanisme qu'il n'a jamais éprouvé.
Trois firmes sur treize : ce n'est ni marginal ni général. C'est une vérification nominative, à faire avant d'acheter. Les fiches de My Funded Futures, de Funded Futures Network et de Take Profit Trader sont là pour ça.
Une de ces trois — Funded Futures Network — figure aussi parmi les trois firmes qui facturent l'évaluation à la fois au mois et en paiement unique. Cela ne prouve rien en soi, mais indique où une comparaison demande le plus d'attention : deux paramètres y varient à l'intérieur d'une même maison, et la formule qu'on retient sur le prix n'est pas forcément celle qu'on aurait retenue sur la règle.
Le drawdown n'est qu'une contrainte parmi d'autres
Le type de drawdown se lit rarement seul. Sur les mêmes 144 comptes, 67 n'ont aucune règle de constance — quand elle existe, elle vaut 20, 30, 40, 45, 50 % — et 79 n'ont aucune limite de perte journalière. Les deux tris existent en pages : sans règle de consistance, sans limite journalière.
Ces familles de règles ne se compensent pas. Une formule peut être permissive sur le drawdown et contraignante sur la constance, ou l'inverse ; rien dans le relevé ne suggère qu'elles se rachètent l'une l'autre. La question utile n'est donc pas « quel type de drawdown », mais « quelle formule », et la réponse tient dans une ligne, pas dans un nom de firme.
Le reset appartient au même bloc. 68 comptes sur 144 ne portent aucune ligne de reset, et les 76 lignes chiffrées vont de 40 à 599 $US. Là où une reprise est chiffrée, elle fait partie du coût de la règle qu'on a choisie. Le prix, lui, se traite ailleurs : frais de reset, calculateur de coût réel.
Ce que la donnée ne dit pas
Le relevé enregistre un type de drawdown par compte. Il ne porte aucun montant de drawdown, aucun palier d'arrêt du suivi, et rien sur la façon dont chaque firme calcule son plus-haut. Pour les trois firmes qui changent de type une fois le compte financé, il enregistre le changement, pas son sens : lequel des deux mécanismes est celui de l'évaluation reste à lire chez la firme.
Il ne dit rien non plus de ce qui se passe en face. Ni combien de temps dure une évaluation, ni combien de comptes échouent, ni ce que les traders font effectivement de la règle. Ces quantités ne sont pas mesurées ici, et aucune ligne de cet article ne repose dessus.
L'opacité relevée porte sur les frais, pas sur les règles : 24 montants ne sont pas publiés par la firme — activation pour 14 d'entre eux, flux de données pour 10 — et se concentrent sur trois firmes, Apex Trader Funding, My Funded Futures et Bulenox. Quatre autres manquent parce que nous ne les avons pas relevés : la réserve est la nôtre, pas la leur. Une formule parfaitement décrite du côté de la règle peut donc rester non chiffrée du côté du coût.
Enfin, ces chiffres sont datés du 16 août 2026 : c'est ce que le relevé a vu ce jour-là, et rien d'autre. La méthodologie dit comment il a été pris.
Chiffres arrêtés au 16 août 2026 et recalculés à chaque mise à jour des données. Méthodologie